L'HISTOIRE DU SAINT HONORE |
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Tel que vous me voyez aujourd’hui, vous qui venez de prendre place dans ma grande salle d’azur et d’or, j’ai bien changé depuis l’époque à laquelle les Anciens du village font remonter ma naissance…Que de murmures, de rires, de fracas et de bruit mes oreilles en tuffeaux ont entendu !
Toute histoire commençant par « Il était une fois… », plions –nous à ce charmant usage pour vous conter qu’il était une fois, au début du XIXème siècle, la « Gironde », petit ruisseau venant de l’ouest du parc du château de Veretz, qui longeait le coteau et venait se jeter dans le Cher. La « Gironde » fut recouverte vers 1850 et c’est alors que, dit-on, en 1875, mes murs massifs et ma façade ivoire furent élevés, au dessus de l’ancien ruisseau (qui coule toujours, aujourd’hui encore, sous mes fondations), en bordure du Cher.
Je fus d’abord une boulangerie café tenue par Honoré et Charlotte DENIAU qui me transmirent, en 1897, à leur gendre, Adolphe FILOCHE. En 1903, je fus acheté par Alfred DELABARRE, puis repris par son ouvrier, Louis CHEVEAU qui me conserva jusqu’en 1915.
A cette date, la boulangerie fut transférée de l’autre côté de la place et je divins une auberge que le premier propriétaire, Charles BRIQUET, baptisa en souvenir de l’ancienne boulangerie, du nom du saint patron des boulangers : Le Saint-Honoré. Sachez que c’est à Charles Briquet que l’on doit l’organisation du banquet commémorant le centenaire de la mort de Paul-Louis Courier, en 1925 !
Dans les années trente je fus repris par M.AUVRAY pour quelques années. Sous l’occupation, de triste mémoire pour nos Anciens, le Cher servant de ligne de démarcation pendant un temps entre la Zone Libre et la Zone Occupée, je fus témoin de bien des choses dont je ne puis parler ici. Apprenez simplement que je fus entièrement refait, le niveau de mon sol surélevé car tous les hivers j’avais l’habitude de recevoir le Cher en ces lieux, et que le carreleur malicieux et résistant a inséré pour l’occasion dans le sol de ma salle à manger une discrète croix de lorraine que l’on se fera un plaisir de vous montrer, à moins que vous ne l’ayez déjà repérée !!
Robert MASSE me transforma en restaurant hôtel et mes premiers pensionnaires arrivèrent un bel été, venant de Tours profiter d’une terrasse, hélas, disparue. Tenu successivement par Raymond MEYERS de 1941 à 1947, par Mme SALOMON puis plusieurs gérants jusqu’en 1995 ; c’est Eric ARNAUD qui m’a racheté, pour le plaisir de vos papilles, en 1996…
Voilà toute l’histoire d’un centenaire qui a encore de beaux jours devant lui !
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